L’épreuve du prussien

L’épreuve du Prussien

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L’épreuve du Prussien touche à une poésie à la fois abstraite et narrative : tentative de reconstituer les « aventures » de la pensée – davantage ses mouvements et ses rythmes que ses contenus factuels, anecdotiques… – dans le cycle temporel d’une année. Aventure s’imposant à l’intériorité, selon sa logique propre, son terme, ses dynamiques de bouclage…

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Information Complémentaire

Poids 94 g
Dimensions 12 x 19 cm
Collection

Poésie contemporaine

Date de parution

mars 2003

Nombre de pages

56

ISBN

2-915232-01-6

ean

9782915232011

Description du produit

(…) les ouvrières s’encouragent avec de vieux refrains : « À Thumerie en toutes saisons / on voit passer un bataillon / De jeunes filles / Qui fuyant l’aiguille / Vont toute la journée / Chez Béghin travailler / À la ca-la-ca-la casserie ».
Pour donner au sucre la dimension désirée, on le soumet à l’épreuve du Prussien, un broyeur impitoyable, qui s’achève en tamis.
Le Monde, 1er septembre 1995

Extrait :
« Une nouvelle faim sur la table
en cercle devant la lassitude, refaire
le matin d’un réveil, après une toilette rapide,
des choix sommaires concernant l’habillement,
les décisions de rester dans la chambre puis
dans le salon, reprendre l’inventaire
des gestes atténués, la récupération
jusqu’à l’articulation d’un mot existant, la fin
de l’effort, de la force, le repose prononcé
déclenchant l’automatisme, franchissement
de l’intervalle jusqu’à la cuisine, respect du plan de
papier que la marche déplie, gesticulations de la place
à table
une grâce, un renversement inattendu
par de larges mouvements de vent, attirer la
cuisinière à la visite, la commande, abrégeant son
discours – attendant, considérant les lieux familiers
du monde, sa présence neuve, resserrée
une pièce voûtée, de la pierre et du sable, les
relations entre les portes, l’ouverture sur un jardin
à la fin de l’attente, une nouvelle faim
sur la table, des aliments dans un plat, de
morceaux rouges, des os, quelques couverts pour
se servir, et sur la chair des repères pour découper,
des plis
la faim et la soif, le retour de la salive
anticipant le lexique à dévorer – une liste de
notes, des ourlets
poursuivre la recherche de tels instants, blanc
d’une course autour de la maison »

David Lespiau vit et travaille à Marseille. Il a publié dans la Revue de Littérature générale et dans les revues IF, Action Poétique…
Il codirige la revue Issue avec Éric Giraud et Éric Pesty, expérimentant des démarches de création d’après la traduction d’auteurs américains et a publié son premier livre en 2002, Opération Lindbergh, aux éditions contrat maint.
Derniers livres parus (2014) : Nous avions (Argol), Notes pour rien (Contrat maint).