rappel

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« Il prend une bière, il crache par terre, il dort sur le ventre ; elle trouve une robe jaune sur son propre corps, elle file dans une poubelle, elle rit… Sarah Kéryna : rapidité d’une écriture en alerte, tournée vers une accumulation sélective, réel à facettes qui échappent, resurgissent, se déploient – dans un ruban bleu de la mer, à Shangaï, à Marseille – et sèchent sur un fil, tous les dimanches, le soir. Surprenante, une écriture autre parmi les plus vives d’aujourd’hui. »
Henri Deluy

10,00€

Produit épuisé

Information Complémentaire

Poids 140 g
Dimensions 15 x 19 cm
Collection

Biennale des Poètes en Val-de-Marne

Date de parution

mai 2007

Nombre de pages

64

ISBN

978-2-915232-41-7

ean

9782915232417

Description du produit

Voyage par instantanés interposés

Voyage poétique de Paris à Marseille, en effectuant de multiples détours au coeur de la pensée. Sarah Kéryna décline, à l’aide d’une langue vivante et rythmée, des instantanés du quotidien.
Il y a un côté « Inventaire à la Prévert » dans certaines parties que j’aime beaucoup. Le ton est frais, léger, emporter… c’est de la poésie qui se lit avec plaisir et saveur, à voix haute, comme autant de petits films qui se succèdent, créant une histoire décousue et cohérente à la fois.
On trouve également par moments une structure proche du journal intimes, un partage avec le lecteurs de moments discrets, voire secrets.
J’ai vraiment beaucoup aimé ce recueil, fluide, gazouillant comme la rivière, appelant à une balade imaginaire dans le tréfonds de ses pensées afin de se constituer soi aussi un extraordinaire voyage à travers les mots et les idées.

J’ai trouvé une robe rose et bleu.
Je porte des barrettes assorties et des bracelets
bleu turquoise et rose vif.

J’ai été suivie par un travesti exhibitionniste.

J’ai failli me noyer.
(page 8)

 

Un recueil de trois textes, Transits, Après (quelques dates) déjà paru en revue, et Elles cherchent, dont l’unité réside dans le genre qu’ils mettent en œuvre : le journal poétique. Genre périlleux s’il en est, l’exercice du poète comme celui du diariste étant grandement exposé au risque de la complaisance narcissique. Ici, à 35 ans, l’écrivain travaille sur la terre meuble du présent le plus immédiat, mais aussi ose des incursions dans un passé plein de douleur, en parvenant le plus souvent à échapper à un vain naturalisme que nous prodiguent par ailleurs tous supports et médias actuellement en vogue. Sarah Kéryna cultive l’art de la surface. Sur un ton distant mais jamais blasé, s’astreignant à la pudeur et à la retenue, elle produit de courtes phrases dépouillées à l’extrême qui rebondissent comme des balles contre la matière du vécu, en ignorant ostensiblement la profondeur.
Elle annule, techniquement, la différence entre le tragique : « La boule fichée sous ma peau./ Comment a-t-elle fait pour pousser ainsi sans/ que le je sache ? » et l’insignifiant : « Par ma fenêtre,/ le mimosa d’hiver est jaune vif,/ électrique ». Si profondeur il y a, le verbe ne l’explique pas mais plutôt la montre, la figure, en quelque sorte l’engendre par effet indirect des formes linguistiques alignées. En vain on y chercherait des mots tels que vertige, absurde ou finitude ; au lieu de manier les concepts, l’écrivain tend à faire éprouver les réalités qu’ils recouvrent. Elle sait user de la ritournelle, tel souffle rythmique mais angoissé, et de la citation. Et parvient à déranger les spectres refoulés derrière la mécanique huilée de notre quotidien.
M.K., Le Matricule des Anges n°087, octobre 2007