Pierre vive
  • couverture Pierre vive
  • Pierre vive, catalogue page 32-33 © Point to Point Studio

Pierre vive

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Catalogue de l’exposition « Pierre Vive » au Musée Pierre André Benoît en 2006 (Alès), œuvre majeure du photographe Jean Suquet.

20,00€

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Information Complémentaire

Poids 340 g
Dimensions 21 x 27 cm
Collection

Poésie et art contemporain

Date de parution

février 2006

Nombre de pages

86

ISBN

2-915232-29-6

ean

9782915232295

Description du produit

Dans les années 1950 Jean Suquet devient photographe. En 1963, il obtient le Prix Niépce, les membres du jury sont Jacques-Henri Lartigue et Henri Cartier-Bresson que Jean Suquet estime pour ce quart d’heure de gloire mais qui ne l’empêchera pas de jeter sa médaille dans la Seine avant de rentrer chez lui.

En 2002, il brûle la majorité de sa production, 35000 clichés et négatifs ne conservant qu’une centaine de photographies qui lui semblent dignes du « regardeur » : dont son œuvre majeure « Pierre Vive ». Cet ensemble constituera l’essentiel de l’exposition majeure du musée P.A.B. en 2006, et sont reproduites dans ce catalogue.

1928-2007. Écrivain, poète et photographe français, Jean Suquet est un des spécialistes de Marcel Duchamp.

« Vous souvenez-vous, Madame, combien de fois je vous ai prise en photo, durant les quatre saisons, entre 1971 et 1984-85, ma main amoureusement armée d’un Leica-M3 ou M4, d’un petit Rollei-35, sur le lit hypersensible de pellicules TRI-X ? Un éditeur, qui se dédit, entretint un temps le projet de vous consacrer un livre. J’avais proposé une maquette de quelques quatre-vingt images choisies parmi un bon millier d’instantanés. Je vous y murmurais la toujours même histoire du rêveur un peu fou qui dans une femme nue, fût-elle en marbre, s’acharne à mettre à nu l’au-delà de la chair sans cesse en dérobade. J’avais pour point final déposé un rose à vos pieds. Refusé, le livre en chantier connut l’exil et l’oubli poussiéreux d’une étagère… Au début des années 1990, affecté au creusement d’une adduction d’eau, un bulldozer fracassant l’air entra en transe à vous frôler. Ce qui devait arriver, arriva. Un coup de pelle mécanique vous faucha, vous jeta à terre brisée en quatre ou cinq morceaux, et sur le socle, ne restèrent debout que vos deux pieds fleuris d’éclats de pierre.
Horreur ! La cassure obéissait exactement au cadrage de mon image de la rose. C’était moi qui était aux commandes de la machine. Mon hommage vous avait mise à mort. Le hasard n’est que le nom d’emprunt d’une nécessité en quête de la faille d’où elle surgira. Le socle fut écorché de ses dernière reliques. De quelle immortelle restait-il en attente ? Vous étiez devenue l’inconnue par excellence. Je ne croyais guère à votre résurrection quand un beau matin, dans un trou de lumière à travers le feuillage, j’aperçus une poignée d’hommes en bleus de travail s’affairant autour du bassin tari, miroir de votre absence. Ils dressaient sur le sol un fantôme habillé de plastique. Le temps de bondir sur mon Leica et j’eus le bonheur de saisir le poing ouvrier au moment où il déchira votre robe transparente. De nouveau vous étiez là, debout, entière, sans la moindre cicatrice apparente, nue, blanche, neuve comme à votre premier jour. »

Post-scriptum (page 75)

Pierre vive, catalogue page 19

Pierre vive, p.19

Pierre vive, catalogue page 58

Pierre vive, p.58

Pierre vive, catalogue page 60

Pierre vive, p.60

Pierre vive, catalogue page 63

Pierre vive, p.63