Participe présent

Participe présent

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« Comment affronter un présent ou un passé si contemporain qu’on ne peut encore le penser ? Depuis la célèbre interdiction d’Adorno : « Après Auschwitz, c’est un acte de barbarie que d’écrire un poème », dire l’inexprimable du génocide est une des gageures du poète. En prenant comme point de départ l’exécution, en 1919, de la militante communiste allemande Rosa Luxemburg, figure tutélaire du recueil, Oscarine Bosquet évoque quelques génocides, massacres, crimes de guerre du vingtième siècle. La poétesse confond ces histoires, ces dates, ces lieux dans un flux de réminiscences qu’elle déploie dans Je ne me souviens pas, hommage inversé à Perec. »
Extrait d’une note de lecture de Julien Barret

13,00€

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Information Complémentaire

Poids 206 g
Dimensions 15 x 20 cm
Collection

Poésie contemporaine

Date de parution

juin 2009

Nombre de pages

96

ISBN

978-2-915232-58-5

ean

9782915232585

Description du produit

Oscarine Bosquet propose une écriture vive sur la mémoire, la mémoire des événements, de l’intime. Elle dit :
« Je ne me souviens pas qu’on m’ait raconté ce dont je ne me souviens pas. Pourtant il y a des choses je sais dont je n’ai pas le droit de dire que je ne m’en souviens pas.
Tu ne peux pas témoigner de ce qui arrive dans les lettres minuscules des nouvelles qui tombent dans les mots loin des corps.
Tu ne peux pas dire les choses simplement.
Était-ce déjà avant que je puisse me souvenir qu’on avait résolument voulu perdre la mémoire envers ceux qui ne se souviendraient pas ? »

Oscarine Bosquet vit et travaille à Brest (école supérieure d’arts de Brest). Elle publie en revues depuis 1993 (Action Poétique, If, Raddle Moon, The Poetry Project Newsletter).

Note de Daniel Pozner pour Libr-critique, décembre 2009

Phrases tordues d’un quart de tour. Comme on tourne la tête – sans la détourner. Tourner : révolution.
Ni mièvre ni pesant. Pas d’évidence, pas d’obscurité. Un livre courageux.
On peut lire en faisant fi des massacres, famines, prisons, colonies, lois économiques, crimes de guerre : ils y sont, nul besoin « d’en parler ».
C’est pas la joie. Mais tendre et apaisé, à sa manière. Sanglant. Le temps qui.
Fi des allusions, évocations – du réel : on peut en faire fi (« je ne me souviens pas », prétend Oscarine Bosquet), il est là, le réel, mouvant, inamovible.
Faire fi ou faire feu.
Et je gomme les dates (1919, 1989, 67-70, 1994, etc., etc.).
Chine, Berlin, Rwanda, Burundi, Ouganda, Lénine, Biafra, Lumumba, Britney Spears, Kisangani, Alain Delon, Kaboul, Parus caeruleus. J’en passe. Des noms propres je ne garde qu’un prénom. « Rosa voudrait que je cesse de m’apitoyer sur le monde (…) j’apprends le nom des mésanges (…) Votre ordre est bâti sur du sable » (à vol d’oiseau à travers le livre). La dernière section s’intitule « Le printemps de Rosa ».
Tiens, si j’avais un enfant, une fille, je l’appellerais Rosa.