L’Affiche 52

L’Affiche 52

Collages

Collages de Hubert Lucot

Graphisme de Gonzague-Emmanuel Conte

45,00€

En stock

Information Complémentaire

Poids 1000 g
Dimensions 120 x 176 cm
Collection

L’Affiche murale de poésie

Date de parution

juin 2009

Contributeur

Hubert Lucot │Gonzague-Emmanuel Conte

Description du produit

À l’occasion des 20 ans de L’Affiche murale en 2010

Mis en ligne le 03 janvier 2011, ECLA Aquitaine http://ecla.aquitaine.fr

Entretien avec Hubert Lucot
Propos recueillis par Catherine Lefort

Catherine Lefort – Vous êtes à la fois écrivain, poète, auteur d’écrits sur l’art et artiste (collages). Vous avez notamment réalisé en 1970-1971 Le Grand Graphe , livre d’une seule page de 12 mètres carrés aux phrases entrecroisées ; il sera publié sous forme de fac-similé et de livre par les éditions Tristram en 1990. Comment est venu à vous le projet de L’Affiche murale lancé par Didier Vergnaud ? Comment Grand Graphe a-t-il influencé votre approche de L’Affiche murale ?

Hubert Lucot – Quand Didier Vergnaud m’a proposé en 1993 de participer à une affiche, j’ai eu le désir soudain de la faire seul, sans l’aide d’un plasticien, en utilisant la technique du graphe, dont les phrases et les carrés, triangles, spirales de texte ont une forme esthétique, et en bénéficiant, en plus, de la couleur. J’ai pensé que ce travail m’aiderait dans l’écriture de mon livre Probablement , journal de mon séjour à Soulac-sur-Mer (Gironde) en juillet 1992 : vingt jours, 30 pages, soumises à l’extension ; le livre publié en 1999 compte 214 pages. D’un texte linéaire je suis remonté à l’ÉCLATEMENT qu’il pouvait « avoir dans ma tête » avant que je prenne la plume, quand tout point entretient des relations avec de nombreux autres. En outre, je devais renforcer des compartiments et j’ai utilisé le bleu du ciel et le jaune du sable…en me référant confusément à Bram van Velde, sur lequel j’achevais un livre (publié par les éditions Maeght en 1994). En 1994 et en 1995, j’ai accompli le même travail avec les chapitres « Antibes » et « La Voix » de Probablement. En 1995, au Japon, j’ai réalisé les versions linéaires des trois « graphaffiches », textes nouveaux par rapport aux textes initiaux : le passage par l’état graphe les avait élevés d’un niveau et avait donné une assise solide à l’ensemble du livre.

C.L. – Vous avez réalisé cinq affiches murales de poésie éditées par les éditions Le bleu du ciel. Les trois premières (n° 8, 11 et 14) sont des graphes. Les deux dernières (n° 19 et 52) sont des collages et diffèrent donc fortement des premières. Comment cette évolution s’est-elle faite sur le fond et la forme ?

H.L. – Parallèlement à mes activités littéraires, mes collages unissent plusieurs tendances miennes : l’amour de la peinture et des couleurs, mariées ou s’opposant ; le désir de dominer le pouvoir médiatique (je donne des coups de ciseaux dans un magazine qui souvent m’exaspère) et donc politico-économique ; l’attrait pour l’hybridation, quand des éléments se fondent pour former un être qui n’a jamais existé et que, cependant, on reconnaît. Le collage affecte aussi la légende, ce qui détourne la rhétorique médiatique. Toutes les tendances que je viens d’énumérer se retrouvent dans mon écriture, notamment l’hybridation : en 1995, à Kyoto, j’ai placé les fantômes du nô dans la forêt de pins de Soulac-sur-Mer. En simplifiant, on peut affirmer que mon « écriture intérieure » produit aussi bien des graphes que des livres linéaires et des collages.