Didier A. disparu

Projection du film DIDIER A. DISPARU
de Bertrand Dezoteux, avec Didier Arnaudet.

Une production de Permanences de la littérature, pour son festival de littérature et d’art contemporain Ritournelles (édition 2012 / thème « Cinémalittérature »).
Une interprétation personnelle du cinéaste à partir du livre Les Périphéries du large (éd. Le bleu du ciel, 2008).

Lectures / interventions de Didier Arnaudet

Didier Arnaudet est sur scène et lit des passages de son livre, puis propose de visionner l’interprétation personnelle qu’en a fait l’artiste vidéaste Bertrand Dezoteux. La projection sera à nouveau ponctuée d’interventions de Didier Arnaudet, coupure, reprise, fragmentation pour des commentaires ou des lectures d’extraits du texte original.

Dans le film, devant le film, Didier A., réapparu, s’adresse aux spectateurs.

Temps d’échange avec le public.

DIDIER A. DISPARU

Création filmique de Bertrand Dezoteux

Tournage Didier A. disparu. © Didier A. Arnaudet courtesy Bertrand Dezoteux

Tournage Didier A. disparu.
© Didier A. Arnaudet courtesy Bertrand Dezoteux

Le tournage du film s’est déroulé à Vieux Boucau, dans les Landes, au cours des quinze premiers jours de novembre 2012. Une partie du tournage était située en bord de mer, sur la dune, une autre partie dans la ville.
Le film a été monté courant novembre et projeté au Molière-scène d’Aquitaine / OARA le 4 décembre 2012 à l’occasion de l’inauguration de la 13ème édition à Bordeaux du festival Ritournelles.
Pour élaborer le scénario, Bertrand Dezoteux a prélevé dans le livre de Didier Arnaudet des fragments, des brides, des faits, dans le but de les assembler et former une intrigue. En cela, le film procède à l’inverse du livre puisqu’il s’attache à bâtir un récit linéaire là où l’ouvrage de Didier Arnaudet privilégie la discontinuité, l’éclatement.
Ce projet met deux univers en présence, très spécifiques dans leurs genres, et d’une certaine manière, très proches dans leur manière d’explorer réel et fiction.

Synopsis
Un détective privé déambule dans Vieux Boucau. Il observe les passants, retrace leurs trajets, arpente la côte. Il relate cette activité dans un carnet, du matin au soir. Cette méticuleuse retranscription contamine bientôt tous les champs de son existence, et le mène à la dérive. Une enquête va lui permettre de renouer avec son existence : un écrivain, Didier A., a disparu sans laisser de trace.

 

Bertrand Dezoteux, artiste vidéaste

Il a participé en 2010 à l’exposition Reset de la Fondation Ricard, à l’exposition Dynasty au Palais de Tokyo et au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Il conçoit en 2011 l’émission de TV-réalité Sly’s Drivers dans le cadre du projet Reboot, initié par Christophe Kihm au Palais de Tokyo et reçoit le prix du CIC’ART en novembre 2011 pour sa vidéo Biarritz. Son travail a été présenté au Frac Aquitaine. Bertrand Dezoteux crée des objets hors normes, des ovnis visuels jouant de l’absurde et s’affranchit avec insolence du prestige supposé de la technologie numérique. On parlera donc de façon plus juste de collages narratifs improbables, voire de bidouillages. Ses vidéos se situent à la frontière du documentaire, de la fiction et de la science-fiction. Riche de trouvailles visuelles étonnantes, la singularité dans son travail, celle qui fait de lui un artiste, réside dans un mélange de leur contre-emploi et de leur suremploi systématiques, au service d’un imaginaire débridé caracolant de surprise en surprise. Élucubrations visuelles, les pièces de Bertrand Dezoteux, fertiles en jeux de références, pourraient se transformer en exercices de style, s’il n’y maintenait deux données très personnelles, que l’on retrouve de vidéo en vidéo: l’humour inopiné, et un bon usage de l’inscription culturelle.
Bertrand Dezoteux © Jean-Daniel Chopin

Bertrand Dezoteux
© Jean-Daniel Chopin

Le style Dezoteux cherche invariablement à désarçonner le spectateur, ou bien en produisant un récit en images dont il manque l’histoire (Biarritz), ou bien en l’entraînant dans un univers virtuel auquel il ne s’attend pas (Le Corso), ou encore en faisant jouer des acteurs amateurs roubaisiens en play-back pour leur greffer des dialogues issus d’enregistrements d’habitants du sud de la France (Roubaix 3000). « Pour donner une forme à ces visions, j’enquête, je prélève des éléments que j’extrapole et que j’assemble de manière anachronique ». Chacun de ses projets trouve son origine dans l’envie de « créer un monde », c’est ce qu’il propose avec une libre interprétation de l’ouvrage de Didier Arnaudet « Les périphéries du large », dans lequel le poète privilégie la forme fragmentaire et poétique, les micro-récits sans développement narratif. Le vidéaste se saisit de ces différents éléments et reconstruit un scénario classique, sur la base d’une fiction policière, mêlant intrigue, humour, étrangeté et curiosité.

Attention : chef d’œuvre bizarre !

« C’est une nuée d’images. Elle n’occupe pas un territoire préétabli où il serait aisé de la situer mais elle élabore au fur et à mesure son champ d’action, ses règles d’investigation. Son évolution ne se présente pas comme une progression narrative, faite d’une succession d’énigmes posées puis déchiffrées, mais comme une constellation d’informations, de scènes, de temps, de fantômes qui convoque une infinité de questions, de problèmes, d’impasses, sans prétention à les résoudre. Il n’est pas inutile de dire qu’elle creuse, occupe, engorge, puis engendre différentes formes de brusques sorties vers le large. Comme une baïne. »

5ème livre de Didier Arnaudet publié aux éditions Le bleu du ciel, depuis En bras de chemise malgré la fraîcheur matinale (2001), c’est à un travail d’interprétation des temps de paroles et d’échanges, discrètement réarticulé, détourné, décentré, pour en pointer « les familières étrangetés », auquel l’auteur se livre.

couverture Périphéries du large de Didier Arnaudet.978-2-915232-49-3
Prix : 12€
80 pages

Didier Arnaudet, critique d’art, commissaire d’exposition et poète

Photo © Jean-Christophe Garcia

Photo © Jean-Christophe Garcia

Depuis 1980, il est le correspondant d’art press à Bordeaux. Il est directeur artistique de la Biennale d’art contemporain d’Anglet et de La Forêt d’art contemporain dans le Parc des Landes de Gascogne. Il est également écrivain et poète. Dernier ouvrage paru : L’ange mal garé, avec des eaux-fortes de Carmelo Zagari (Le bleu du ciel, 2010). Il a dirigé les revues A Haute Voix et Zone, a participé à plusieurs anthologies et développé divers travaux (ateliers, performances, films) avec des artistes. Il collabore au Cahier Critique de Poésie. Poète singulier, avec une écriture nourrie de l’expérience des artistes contemporains (pour lesquels les mots et l’articulation du langage comptent beaucoup), qui possède un regard juste sur la société, sur son mode de communication. Qu’il s’agisse du discours extérieur, ou intime. Une œuvre exigeante, en mouvement, essentielle pour notre aujourd’hui.

« Didier Arnaudet fait vibrer un espace préfabriqué où des voix alternent sans communiquer entre elles (…) Au temps des incertitudes incertaines, il propose avec modestie une collection de phrases, particules incomplètes d’un tout, qui reste toujours à réinventer, le réel ne faisant pas l’économie de l’imaginaire. Il avoue qu’il « n’a pas le pied marin ni l’œil philosophique ». Alors il se débrouille. Il profite des conversations des autres. »

« En toute irrégularité. »

Alain Hélissen, CCP cahier critique de poésie, 2001.


 

Fiche technique

durée 15 min, couleurs Stéréo 16/9, Support DVD
1 téléviseur grand écran (ou vidéo-projecteur + écran)
1 Lecteur de DVD
1 micro voix + 1 table + 1 chaise

 

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