Les légumes verts, lecture-concert de Philippe Adam

Lecture-concert Les légumes verts
de Philippe Adam

Philippe Adam – textes et voix
Gonzague Conte – mise en son

© SC / Le bleu du ciel

Lecture Légumes verts, atelier Plastikarts, Coutras, 2012

Pour le plaisir et par jeu, Philippe Adam a écrit Les légumes verts, en lien avec le travail photographique d’Aurélie Pétrel, reprenant les modèles en plastique des plats que l’on trouve en vitrine des restaurants japonais, l’auteur y ajoute une dose d’humour noir sur fond de fin du monde et d’indigestion : « Bientôt nous n’aurons plus rien à manger, pas d’inquiétude, de toute façon digérer rend morose ».

Les brèves proses caustiques de Philippe Adam développent, avec un certain appétit du refus, une suspicion drolatique face aux aliments. Ces textes courts parlent d’une étrange célébration : celle de la fin de la nourriture. Écrivain difficilement classable, ses œuvres suscitent chez le lecteur un sentiment d’étrangeté, qui, paradoxalement, a quelque chose de réjouissant.

Une lecture enrobée de nappes électroniques, avec les créations sonores de Gonzague Conte.

© SC / Le bleu du ciel

Lecture Légumes verts, atelier Plastikarts, Coutras, 2012

On en mangerait.

Là où les restaurants français se contentent d’afficher leurs menus, où les restaurants chinois présentent des photographies de leurs spécialités, les restaurants japonais ont la particularité de mettre en vitrine des reproductions en plastique – des « mihon », et traditionnellement ces « mihon » étaient en cire – des plats qu’ils proposent à leurs clients.

Ces reproductions sont souvent d’une telle fidélité qu’on se demande naïvement, la première fois qu’on les voit, si le restaurateur a réellement mis ses spécialités en vitrine. Elles constituent en ce sens une sorte de musée Grévin de la cuisine, un musée Grévin qui serait là, dans les rues, presque en plein air, offert à la vue des passants.

Les légumes verts sont nés du charme étrange qu’exercent ces reproductions.

Les légumes verts prennent à la lettre ces belles devantures : un jour viendra où nous n’aurons plus rien à manger. Nous irons alors au restaurant pour nous souvenir de ces temps anciens où l’on nous servait autre chose que des plats en plastique, lesquels sont à présent nos derniers plaisirs.

Projet photographique et textuel, Les légumes verts mettent l’accent sur la dimension purement visuelle de cette expérience culinaire, expérience à laquelle les photographies d’Aurélie Pétrel donnent son ampleur, les brèves proses de Philippe Adam invitant à une expérience mentale jouant sur le soulagement d’être délivré des servitudes du ventre, sur la faim mais aussi sur le dégoût.

mihon

Dans L’empire des signes, Roland Barthes comparait les plateaux repas japonais à « des tableaux des plus délicats » où « tout serait destiné à être défait, selon le rythme même de l’alimentation ». Le projet d’Aurélie Pétrel et de Philippe Adam prend ironiquement le parti inverse, les plats n’ayant maintenant de délicat que le soin pris à les mouler et à les peindre, rien n’étant ici destiné à être défait, le regard se portant sur ces mets de plastique selon le rythme même de la pure non-alimentation.

© SC / Le bleu du ciel

Lecture Légumes verts, atelier Plastikarts, Coutras, 2012


 

couverture Les légumes verts

Les légumes verts

9782915232677
Prix : 20 €
80 pages


Fiche technique :

Spectacle tout public
durée : 40 minutes
1 micro pour la voix + pied
1 table ou pupitre + chaise
1 table de mixage munie de 2 entrées stéréo (format Jack ou RCA) + amplification salle
1 table + tabouret
1 ordinateur
prévoir 1 heure avec un régisseur

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